Articles de presse

Langue des signes versus oralisme

Le 15 mars 2012 est paru dans l'echomagazine deux articles, le second traite du "débat" entre l'oralisme pur et la pratique de la langue des signes. C'est un sujet sensible qui ennuie les défenseurs de la langue des signes. L'APEDAV a été sollicité pour fournir une photo illustrant l'article. Nous regrettons de ne pas avoir été consulté sur le fond de l'article. En effet, il semble "orienté" sur la langue de signe et ne donne pas une vision complète des moyens à disposition puisqu'il ne parle pas du LPC (Langage parlé complété). C'est une lacune... Nous aurions pu aussi apporté notre vision et donner notre avis...

Voici les articles:

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Quand l'handicap fait peur aux employeurs

ARTICLE PARU LE 29.02.2012 DANS LE NOUVELLISTE:

LE TEMOIGNAGE DE CELINE DELEZE:

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EMPLOI Les personnes souffrant de surdité peinent à trouver un travail fixe. Malgré des capacités égales à celles des gens valides. Témoignages.

«Aucune entreprise ne veut m'engager comme employée fixe, malgré mes très bonnes références. Je suis très consciencieuse; tous mes patrons sont d'ailleurs contents de mon travail, mais je n'arrive toujours pas à décrocher un emploi fixe. Moralement, cela devient difficile», s'exclame Céline Délèze. Cette Valaisanne de 29 ans peine à cacher son dépit. Sourde depuis la naissance, elle n'arrive pas à décrocher de poste fixe, alors qu'elle a passé brillamment sa maturité cantonale en 2004 -elle a d'ailleurs été la première personne sourde à avoir réussi sa maturité dans une école publique- et son CFC d'assistante en information documentaire en 2007. «Je cumule les mandats à durée déterminée. Dans l'année, j'effectue des mandats de quelques mois, puis suis au chômage pendant deux-trois mois et ainsi de suite. C'est comme cela depuis que je suis sortie de formation il y a quatre ans.»



Impossible pour Céline Délèze de ne pas relier la cause de cette errance professionnelle à son handicap. La surdité fait visiblement peur à ses potentiels employeurs. Elle en a fait la triste expérience. «J'ai demandé un jour à un patron, à la suite d'un refus pour un poste fixe, pourquoi il ne m'avait pas engagée -d'autant plus que j'avais déjà effectué des mandats pour lui avec satisfaction auparavant et qu'il n'avait cessé d'encenser mon travail. Cet homme m'a clairement répondu que c'était à cause de ma surdité! Cela m'a fait très mal et porté un gros coup au moral.»

Des chiffres, dévoilés par la Haute école de pédagogie curative de Zurich, le prouvent malheureusement. Le taux de chômage chez les personnes sourdes et malentendantes avoisine les 10% en Suisse alors que la moyenne nationale est de 3%. A compétences et niveau de diplômes égaux, un patron préfère engager une personne sans handicap de surdité ou autre. «Je ne comprends pas pourquoi une entreprise ne veut pas m'engager dans un poste fixe, je peux travailler comme tous les autres employés, sauf répondre au téléphone», remarque Céline Délèze.

La Fédération suisse des sourds relève d'ailleurs que les employeurs ayant engagé une personne sourde se disent enchantés de leur choix. «Les personnes souffrant de surdité sont souvent très motivées et concentrées sur leur travail. Grâce à leur acuité visuelle particulièrement développée, elles apportent une diversité qui ne peut que stimuler l'innovation», précise la fédération. De plus, très peu d'aménagements sont nécessaires pour l'intégration réussie d'une personne sourde dans l'entreprise (possibilité de communiquer par mail ou sms; engagement d'une interprète en langage des signes pour les réunions - un service financé par l'AI et non par l'employeur).



Lorsque Céline Délèze répond à des offres d'emploi, elle joue franc jeu et mentionne son handicap sur la lettre de motivation. «Je ne pourrai pas faire autrement. Ne pas le dire serait malhonnête.» Conséquence directe, la jeune femme n'a souvent pas la chance d'avoir un entretien. «Certains ne prennent même pas la peine de répondre à ma lettre.»



Lors de sa formation d'assistante en information documentaire à Lausanne, Céline Délèze a côtoyé trois autres Valaisans pendant les cours. «Tous les trois ont trouvé tout de suite un travail fixe. Je suis la seule à végéter...» Céline Délèze a d'autant plus besoin d'un emploi qu'elle ne touche rien de l'assurance invalidité -contrairement à ce qu'imaginent de nombreux employeurs. «Pour l'AI, je suis considérée comme valide à 100%, car j'ai effectué ma scolarité dans des classes normales, puis j'ai fait une maturité et suivi une formation normale ensuite.»


La jeune femme a ainsi déployé de gros efforts pour suivre la filière scolaire et d'apprentissage traditionnelle et en est aujourd'hui pénalisée, en quelque sorte. «C'est vraiment décourageant, je l'avoue.» Elle voit d'ailleurs lors de ses stages des apprentis terminer leur formation et trouver immédiatement un emploi fixe. «Cela me renvoie à ma situation et c'est assez difficile à supporter.»

Céline Délèze refuse cependant de baisser les bras. «J'aurai bientôt 30 ans, et j'espère vraiment trouver du travail avant mon anniversaire. L'Etat du Valais a affirmé il y a quelques mois qu'il ferait des efforts. Mais j'attends toujours! Pour l'instant, il n'y a rien de concret. Au pire, je ferai la Haute école de gestion (HEG) pour devenir spécialiste en information. On verra…», conclut-elle en croisant les doigts.

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